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En quête de rêve à Montargis(寻梦蒙达尔纪)
08-28 16:55    时刻新闻

视频来源:湖南卫视

En quête de rêve à Montargis(寻梦蒙达尔纪-法文版)

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    Le 27 mars 2014, à l'occasion du 50ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques sino-françaises, le président chinois Xi Jinping a déclaré lors de son discours :

    « Nous savons tous que bon nombre des membres de l'ancienne génération des dirigeants du Parti Communiste de Chine sont allés étudier en France. Parmi les plus glorieux citons Zhou Enlai, Deng Xiaoping, Cai Hesen, Chen Yi et Nie Rongzhen. »

    Le 1er juillet 2016, à l’occasion du 95ème anniversaire de la fondation du PCC, le secrétaire général Xi Jinping a rappelé à tous les communistes chinois : Celui qui veut avancer ne doit pas oublier la voie qui a été tracée. Peu importe jusqu'où nous irons et quel que soit le brillant avenir, nous ne devons pas oublier ce que nous avons fait et pourquoi nous avons décidé de le faire.

[Synchronisation] Xi Jinping (Secrétaire général du Comité central du PCC, Président de la République populaire de Chine)

    « Le chemin à suivre est encore long. Je vais faire mon mieux pour l’explorer. » Les membres du Parti doivent ne jamais oublier le but intial et s’avancer.

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    Il ne faut pas oublier le but initial pour bien commencer et bien finir. En août 2016, a été officiellement ouvert le Musée historique de l’amitié franco-chinoise. Le musée permettra de reparcourir le chemin du passé et d’illuminer celui de l’avenir. C’est le plus grand hommage que rendent nos contemporains aux devanciers!

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    A une centaine de km au sud de Paris se trouve une ville remarquable qui semble émerger lentement d'un âge millénaire.

    Il y a environ un siècle, les silhouettes de jeunes Chinois venus de leur lointain pays apparurent dans cette petite commune. Ces Chinois allaient graver dans l'histoire un épisode exceptionnel.

    Au commencement de cet épisode historique, il y a un homme qu'on ne peut passer sous silence: Li Shizeng. C'est lui qui lança le mouvement « Travail-Etudes en France ». Li Shizeng était le fils de Li Hongzao, Grand Secrétaire sous la dynastie Qing finissante, vétéran de la Ligue Révolutionnaire Chinoise. En 1902, il intégra l'Ecole Pratique d'Agriculture de Montargis, puis, par la suite, resta toujours très lié avec cette ville ancienne. Ce carrefour à son nom indique le point de départ du mouvement des étudiants chinois en France.  

    La France au début du 20ème siècle était pleine de vitalité avec ses pensées vives et ses technologies avancées, ce qui a attiré l’attention les jeunes Chinois dans le mouvement de la nouvelle culture. En 1917, sous l'impulsion entre autres de Li Shizeng et du directeur de l'Université de Beijing, Cai Yuanpei, le mouvement « Travail-Etudes » en France s'étendit à tout le pays, mais c'est dans la province du Hunan que l'engouement fut le plus vif.

[Synchronisation] Duanmu Mei (Président d'honneur de la Société de Recherche sur l'Histoire sino-française)

    Les pensées de la Révolution française et des penseurs du siècle des Lumières se sont diffusées en Chine. A l'époque beaucoup de jeunes Chinois partirent en France, où ils savaient qu'ils pourraient travailler et étudier, et surtout être en contact avec les pensées d'avant-garde les plus novatrices, afin de trouver la voie à suivre pour sauver le pays.

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    L'état de Chu, qui couvrait le Hunan et une partie du Guangxi actuel durant la période des Printemps et Automnes, était réputé pour abriter de nombreux talents. L'Académie de Yuelu, dont l’histoire a plus de mille ans, qui se tient au bord de la rivière Xiang, le lac de Dongting dont on disait qu' « il était le plus beau du monde », et le pavillon de Yueyang « dont la splendeur dépasse celle des autres », symbolisent le cœur de la culture de la province du Hunan.

    De l'autre côté du fleuve, en face de l'Académie de Yuelu, se dresse la première Ecole Normale provinciale du Hunan, surnommée « l'académie millénaire, l'école centenaire ». Le professeur Yang Changji qui y enseignait à l'époque, était un érudit féru de connaissances chinoises et occidentales. Durant toute sa vie il chercha à « former de grands hommes ». Il portait un grand espoir en Mao Zedong et Cai Hesen. Il écrivit un jour dans une lettre adressée au célèbre intellectuel du Hunan Zhang Shizhao : « N'as-tu pas dit que pour sauver le pays, il fallait d'abord former deux hommes importants ? ». Ces deux hommes désignaient Mao Zedong et Cai Hesen.

    Ces vieilles maisons aux tuiles grises, aux pieds du mont Yuelu, rayonnent de mille feux dans l'histoire moderne de la Chine. C'est ici que Cai Hesen et sa sœur cadette Cai Chang reçurent une éducation d'une nouvelle forme. Leur mère Ge Jianhao vendit les bijoux d'or et d'argent de sa dot et quitta sa ville natale de Shuangfeng avec ses enfants pour venir s'y établir.

    C'est justement ici qu'en avril 1918 Mao Zedong, Cai Hesen et d'autres fondèrent l’Association Nouveau Peuple avec comme objectifs de réformer les académies et d'encourager le peuple à adopter une conduite morale. Cette organisation révolutionnaire était animée d'un esprit de libération et adoptait une vision mondialiste. Elle était aussi porteuse d'un idéal fort et nourrissait de grandes ambitions. Alors qu'ils étaient en quête d'une voie de sortie pour « transformer la Chine et le monde », Mao Zedong et Cai Hesen apprirent l'existence du mouvement « Travail-Etudes en France ». Ils décidèrent envoyer les membres de l’Association Nouveau Peuple et les jeunes de toute la société pour étudier à l'étranger.

[Synchronisation] Yang Shengqun (Ancien directeur adjoint du Bureau Central de Recherche sur la Littérature)

    En juin 1918, Cai Hesen arriva d'abord à Beijing pour les préparatifs. Mao Zedong et 24 autres jeunes du Hunan le rejoignirent en août. En hiver ils dormaient serrés à 8 sur un lit, ce qui allait inspirer plus tard à Mao Zedong ces mots : « Tout le monde dormait sous une couverture commune sur un grand lit  »

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    A l'époque, les étudiants du mouvement « Travail-Etudes en France » venus du Hunan en France étaient répartis dans deux écoles préparatoires, l'une pour l'étude du français, l'autre pour l'apprentissage professionnel. C'est ici que Li Weihan, Li Fuchun et d'autres élèves de l'école Yude de Baoding s’intégrèrent. L'une d'entre elles se situait à Changxindian à Beijing, d'où sont sortis les célèbres Luo Xuezan et He Changgong.

[Synchronisation] He Guangye (Fils de He Changgong)

    Après avoir obtenu son diplôme de l'Ecole Technique du Hunan, il participa à la classe préparatoire aux études en France et c'est là qu'il eut la chance de rencontrer Mao Zedong. Mao Zedong vint deux fois faire cours aux classes préparatoires.

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    Li Shizeng et Cai Yuanpei, tous deux initiateurs du mouvement « Travail-Etudes en France », instituèrent une classe préparatoire de niveau débutant dans le village natal de Li Shizeng, dans le comté de Gaoyang de la province du Hebei. Cai Hesen y amena du Hunan plusieurs étudiants. Il était à l'époque délégué de classe et professeur de chinois. Parallèlement il étudiait le français avec les autres élèves.

    Aujourd'hui, un siècle plus tard, se dresse encore fièrement l’acacia qu'avaient planté Cai Hesen et ses camarades.

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    De 1919 à 1920, une vingtaine de groupes, soit 1600 étudiants chinois, accoururent de partout à Shanghai pour embarquer pour la France. Grâce à la vaste organisation mise sur pied par Mao Zedong et Cai Hesen et l'argent levé pour financer le projet, 346 jeunes intellectuels du Hunan partirent en France dans le cadre du mouvement « Travail-Etudes en France ». Ils représentaient près d'un quart de l'ensemble des étudiants chinois qui participèrent à ce mouvement. Sur les 60 étudiantes venues de l'ensemble du pays, 40 étaient originaires du Hunan.

    Mao Zedong se rendit trois fois à Shanghai pour accompagner les étudiants du mouvement « Travail-Etudes en France » et encourager les études auprès des Occidentaux. Lui-même resta cependant en Chine. Il considérait en effet que certains devaient rester sur place pour réfléchir aux questions nationales et aux réformes en se basant sur la réalité du pays.

    Fin 1919, Cai Hesen partit pour Shanghai. Il emmena avec lui en France sa mère Ge Jianhao et sa sœur cadette Cai Chang. Ge Jianhao, qui avait alors déjà dépassé la cinquantaine, fut surnommée « femme incroyable » du 20ème siècle suite à l'exploit que constituait une telle aventure pour une femme de son âge.

    Parmi les passagers partageant le même bateau avec Cai Hesen se trouvait Xiang Jingyu, originaire de Xupu à Xiangxi, ouest du Hunan. Xupu était la terre d'exil du grand poète patriote Qu Yuan, à qui l'on doit de grandes œuvres poétiques qui ont traversé les âges. Durant sa vie brève mais exceptionelle, Xiang Jingyu, cherchant la vérité et n’ayant pas peur des dangers, n'a cessé de faire rayonner la lumière spirituelle de Qu Yuan. Cai Chang et elle créèrent l'Association des Femmes du Hunan du mouvement « Travail-Etudes en France ». Ce sont elles qui permirent aux femmes du Hunan de participer à ce mouvement.

    Egalement du voyage, Chen Yi, Deng Xiaoping et d'autres Sichuanais prirent successivement le départ.

    Cette traversée empruntait une voie maritime millénaire longue de 15 000km. Les vagues se succédaient tandis que dans le lointain l'immensité de l'océan engloutissait le regard. Zhou Enlai décrira le sentiment passionné de l'époque dans un poème: Tu quittes le pays, tu traverses la Mer de Chine Orientale, la Mer de Chine Méridionale, la Mer Rouge et la Mer Méditerranée, dans le déferlement des vagues, pourfendant l'écume immense, ton navire t'emmène jusqu'aux côtes de ce pays libre qu'est la France.

[Synchronisation]  Xie Wei (Directeur adjoint du Musée Commémoratif du mouvement « Travail-Etudes en France » de Baoding, Hebei)

    Sur le bateau il n'existait pas normalement de cabines 4ème classe. Elles furent improvisées dans les compartiments où reposaient la cargaison et les articles divers. Certaines étaient installées au beau milieu d'animaux vivants. 

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    De Shanghai à Marseille, le voyage durait en général entre 30 et 40 jours. Groupe par groupe, les jeunes Chinois du mouvement « Travail-Etudes en France » débarquèrent au port de la ville méridionale et foulèrent pour la première fois le sol de France.

    A l'époque, « Le Petit Marseillais » décrivait ainsi les étudiants chinois: « Ils étaient là cent jeunes Chinois, d’âge variant entre 15 et 25 ans, tous vêtus à l’européenne, à en juger par leurs chapeaux à larges bords, tous bien sagement rangés, immobiles et silencieux ».

[Synchronisation]Patrick Boulanger (Chef de département du Patrimoine culturel de la Direction Communication et Action Culturelle du CCI Marseille en Provence)

    Un journal local le plus connu « Le Petit Marseillais » avait envoyé un reporter Léome Ocal pour suivre cette arrivée. Ils avaient été accueillis par le consul général de Chine à Marseille.  

[Synchronisation] Madame Bastid-Bruguière (Académicienne et sinologue)

    La société mondaine française le considérait comme une honneur, c’est pourquoi elle les a accueillis chaleureusement et il y en avait beaucoup de rapports dans des journaux.

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    Une fois arrivés à Marseille, les étudiants prirent le train vers le nord pour rejoindre Paris et allèrent s'enregistrer auprès de l'Association des Chinois Vivant à l'Etranger, dont les locaux se situaient dans ce petit bâtiment.

    En raison du grand nombre d'étudiants chinois qui ne cessaient d'arriver, tous les étages ainsi que le sous-sol furent vite pleins à craquer.

    Grâce aux dispositions prises par l'Association des Chinois à l'étranger, Chen Yi, Cai Hesen, Li Weihan, Li Fuchun et d'autres intégrèrent successivement le Collège Public de Garçons de Montargis, où plusieurs centaines d'étudiants chinois firent leurs études. L'établissement a depuis subi des transformations et abrite aujourd'hui l'Hôtel de Ville de Montargis.

[Synchronisation] Jean-Pierre DOOR (Député-Maire de Montargis)

    Je sais que c’est à l’étage du dessus qu’ont vécu ces étudiants chinois qui sont devenus de grandes personnalités. Donc nous sommes très fiers de ce  Montargis qui est une tout petite ville et fiers de savoir qu’elle a participé, peut-être, à l’éclosion d’un grand pays mondial.

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    Les étudiants chinois logeaient au dernier étage. C'est ici que Cai Hesen prenait des cours supplémentaires de français et étudiait avec acharnement jusque tard dans la nuit. Il se souvenait de la lumière des étoiles qui brillait dans ses yeux et qui lui éclairait progressivement l'esprit. Un dictionnaire de français dans une main, l'œuvre de Marx dans l'autre. Une scène que, 100 ans plus tard, on imagine très bien.

[Synchronisation] Yang Shengqun (Ancien directeur adjoint du Bureau Central de Recherche sur la Littérature)

    A son arrivée en France, Cai Hesen, muni d'un dictionnaire, se plongea dans la lecture et la traduction effrénées de centaines d'ouvrages sur le marxisme.

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    En longeant le canal de Briare, d'un pont à l'autre, on peut contempler le Collège du Chinchon que fréquentaient Xiang Jingyu, Cai Chang et « l'étudiante vétérante » Ge Jianhao.

[Synchronisation]Jean-Christophe MOUTAUX(Directeur du Collège du Chinchon)

    C'est ici que se déroulaient les cours des étudiantes chinoises, ainsi que les cours de français.

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    Les élèves chinois n'étaient pas habitués au pain et préféraient le riz. La directrice du Collège du Chinchon était à l'époque la mère de l'agronome René Dumont, devenu plus tard le fondateur du parti écologiste français. Il avait à ce moment-là une quinzaine d'années et accompagnait souvent les étudiantes chinoises pour acheter du riz dans une graineterie. Dès qu'ils en avaient trouvé, la mère Ge pouvaient alors cuisiner du riz parfumé, et ses camarades de classe se pressaient autour d'elle pour savourer ce met délicieux.

    Durant cette période d'études à l'étranger, Ge Jianhao encouragea son fils Cai Hesen et Xiang Jingyu à s'aimer et à se marier librement. Elle apporta également son soutien aux sentiments que partagaient sa fille Cai Chang et Li Fuchun et les incita aussi au mariage.

[Synchronisation] Olivier DUHAMEL (Vice-Président de l'Association Amitié Chine Montargis)

    Et bien c’est donc dans ce jardin que Hesen Cai et Jingyu Xiang se sont mariés, ils ont fait ce mariage avec Le capital en chinois entre eux deux. c’était quelque chose de tout à fait nouveau pour la Chine et même pour la France ; les gens en France étaient certainement très étonnés de voir ces jeunes faire cela.

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    En mai 1920, Cai Hesen épousa Xiang Jingyu à Montargis. Les jeunes mariés avaient à la main le classique de Marx Le capital qu'ils lisaient côte à côte sur la pelouse sur laquelle jouaient les rayons du soleil. Une image inoubliable qui restera un classique.

[Synchronisation]Olivier DUHAMEL (Vice-Président de l'Association Amitié Chine Montargis)

    C’est dans ce jardin que nos amis chinois ont fait cette fameuse réunion.

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    En juillet 1920, Cai Hesen, membre de l’Association Nouveau Peuple, convoqua la « Réunion de Montargis » qui verra la « Naissance du Parti Communiste de Chine », avec pour thème l'objectif et les moyens de « transformer la Chine et le monde ». Cai Hesen voulait mettre sur pied le Parti Communiste et s'engager sur la voie de la Révolution d'Octobre de Russie. Après la réunion, il écrivit à Mao Zedong et proposa pour la première fois « d'établir officiellement le Parti Communiste de Chine ». Mao Zedong lui répondit de manière élogieuse : « ta remarque dans la lettre est très pénétrante. Je suis tout à fait d’accord avec toi ». C'est ainsi que fut établi l'objectif d'une vaste lutte.

[Synchronisation] Yang Shengqun (Ex-directeur adjoint du Bureau Central de Recherche sur la Littérature)

    Les précurseurs parmi les étudiants du mouvement « Travail-Etudes en France » réfléchissaient quasiment en même temps que ce précurseur, qui se trouvait dans le pays, à l'établissement du Parti Communiste et à la réalisation conjointe de la tâche.

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    Nous suivons la voie ouverte par les prédécesseurs. Le long de cette vieille rue se tient un bâtiment à première vue anodin. A l'intérieur se cache pourtant une empreinte rouge indélébile. Après examen, c'est ici que se sont déroulés à l'époquedes événements importants de la jeunesse progressiste du Hunan.

[Synchronisation] Wang Peiwen (Présidente de l'association Amitié Chine Montargis)

    A la fin du siècle passé, nous nous sommes rendus compte que c’était à cette adresse que Li Weihan avait demandé la bourse d’études. L’endroit regroupait à l’époque les membres de la Société de la conscience du Travail-Etudes et de la Société Mondiale de Travail-Etudes.

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    En août 1920, Li Weihan, Li Fuchun et quelques autres formaient le cœur et la charpente de l’Association Nouveau Peuple, et établirent « la Société Mondiale de Travail-Etudes ». Cai Hesen leur parla du marxisme et du thème « Où va la Chine ? ». Sous l'influence de Cai Hesen, la majorité des membres étudièrent la théorie marxiste et y adhérèrent.

    Partir à la recherche de ces prédécesseurs, c'est immanquablement faire halte à la gare de Montargis. A l'époque, 300 étudiants chinois y arrivèrent successivement par le train en provenance de Paris. Voici la route qu'empruntait Deng Xiaoping. En raison du montant des frais scolaires, Deng Xiaoping n'étudia que 5 mois en France avant de commencer à y travailler. C'est au printemps 1922 qu'il arriva de Paris à Montargis.

    Voici l'usine Hutchinson dans laquelle travaillait Deng Xiaoping. Une haute cheminée s'élevait dans les nuages, comme si elle était connectée aux cieux. Pour Deng Xiaoping et ses collègues de travail, la vue chaque matin de la fumée s'échappant de la cheminée signifiait qu'un nouveau jour commençait. A l'époque, ils habitaient dans une cabane qui faisait face à la cheminée. Il n'en reste aujourd'hui plus rien.

    Avant que Deng Xiaoping n'entrât à l'usine, Wang Ruofei, ainsi que d’autres jeunes progressistes, travaillaient aussi ici et habitait la même cabane.

[Synchronisation] Deng Rong (Fille de Deng Xiaoping)

    Mon père a passé son 18ème anniversaire dans l'usine Hutchinson. C'est là qu'il est devenu majeur et que sa pensée a commencé à mûrir. Il avait désormais une quête dans la vie, un choix de vérité.

[Synchronisation] Jacques MAIGNÉ (PDG d’HUTCHINSON)

    Il a appris beaucoup de choses ici, il a su quoi faire, il a su quelle direction prendre pour aider son pays, il a su quelle direction prendre pour l’industrialisation de la Chine.

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    Deng Xiaoping n'a séjourné qu'un peu plus d'un an à Montargis, mais son passage a laissé dans cette petite ville une empreinte indélébile. En effet, en 2014, la municipalité de Montargis a baptisé la place en face de la gare « Place Deng Xiaoping ».

[Synchronisation] Jean-Pierre DOOR (Député-Maire de Montargis)

    Je pense cette image, symbole, c’est un symbole qui rappelle l’histoire de Dengxiaoping, qui va montrer aux français en premier également aux chinois au peuple chinois qu’à Montargis qu’il y a une histoire, leur histoire.

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    En juin 1922, dans le bois de Boulogne, dans la banlieue de Paris, 18 jeunes Chinois dont Zhao Shiyan, Zhou Enlai, Li Weihan et Wang Ruofei, convoquèrent le Congrès de la branche européenne de la Ligue des Jeunes Communistes Chinois. L'année suivante il fut renommé Ligue de la Jeunesse Communiste de Chine en Europe. En joignant cette organisation communiste, Deng Xiaoping s'engagea résolument sur la voie des révolutionnaires.

    En janvier 1926, après avoir passé plus de 5 ans en France, Deng Xiaoping prit le train pour Moscou. 50 ans plus tard, quand il retournera en France longtemps après l'avoir quittée, il se verra déplier le tapis rouge en tant qu'invité d'Etat.

[Synchronisation] Deng Rong (Fille de Deng Xiaoping)

    Poursuivre le rêve de Montargis, replonger dans ce passé, ce n'est pas seulement s'intéressérau lieu, c'est surtout s'intéressérau groupe de jeunes qui étaient là-bas, les jeunes révolutionnaires chinois, ainsi qu'à leur rêve, à leur quête.

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    Quand un grand nombre de jeunes Chinois quittèrent la France pour rentrer en Chine après leur séjour, ils rejoignirent la révolution dans leur pays ou partirent continuer leurs études en Union Soviétique. La voie tracée par le mouvement « Travail-Etudes en France » est indissociable de la révolution en Chine. Ce mouvement a mis en exergue un grand nombre de talents exceptionnels, dont d'importants leaders de la révolution chinoise et de la construction de la Chine Nouvelle, sans oublier des savants et des spécialistes. Ces piliers, dont le grand rêve était de sauver le pays, ont su injecter un énorme dynamisme dans le pays et dans le peuple qui avait hâte de se redresser.

    Mao Zedong, organisateur du mouvement « Travail-Etudes en France » pour les jeunes du Hunan, en se basant sur la réalité de la Chine, avait en tête un marxisme à la chinoise. Il entreprit avec ses alliés un travail très difficile de pionnier, et pour la première fois dans l'histoire devint à la fois le dirigeant et le fondateur du Parti Communiste de Chine, de l'Armée Populaire de Libération de Chine et de la République Populaire de Chine.

    Liu Shaoqi, qui avait quitté le Hunan pour aller étudier en France, et était parti ensuite étudier en Union Soviétique, rejoignit la Révolution et devint le père fondateur de la République Populaire de Chine et le président du pays.

    Zhou Enlai participa en France à l'édification de la première organisation à l'étranger du Parti Communiste chinois. A son retour en Chine, il rejoignit la Révolution et devint un des principaux fondateurs de l’Armée populaire de Libération de Chine, le premier Premier Ministre de la Chine Nouvelle et un dirigeant important du Parti et du pays.

    Deng Xiaoping, qui s'était en France engagé sur la voie de la Révolution, fait parti du noyau de la 2ème génération de dirigeants du Parti Communiste de Chine et est l'architecte en chef de la réforme. Il a changé la Chine et influencé le monde entier.

    Parmi ces étudiants en France figuraient deux pères fondateurs de l'ouverture de la République Populaire de Chine: Chen Yi et Nie Rongzhen. Chen Yi est homme politique et diplomate illustre. Nie Rongzhen a fait des contributions innovantes et fondatrices aux sciences et technologies, ainsi qu’à l’industrie militaire de la Chine Nouvelle.

    Parmi ces étudiants en France figurait également une famille de héros, celle de Cai Hesen.

    Cai Hesen participa en France à l’organisation primitive du Parti communiste de Chine en Europe, devint l'un des principaux dirigeants du Parti Communiste Chinois dès la première heure et fis des contributions considérables à la Révolution chinoise. En 1931, il mourut en martyr à l’âge de 36 ans.

    Son épouse Xiang Jingyu était une des premiers membres du Parti Communiste Chinois, fondatrice du droit au travail des femmes du Parti et pionnière du mouvement féministe chinois. En 1928, elle mourut en martyre à l'âge de 33 ans.

    Son beau-frère Li Fuchun participa en France à l’organisation primitive du Parti communiste de Chine en Europe. A son retour en Chine, il rejoignit la Révolution. Après l’établissement de la Chine Nouvelle, il occupa les postes de vice-Premier Ministre du Conseil d'Etat, membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du PCC, dirigea pendant longtemps la construction de l’économie de l’Etat, et fut l'un des fondateurs et organisateurs de l'architecture économique de la Chine Nouvelle.

    Sa sœur cadette Cai Chang était une des premiers membres du Parti Communiste Chinois et pionnière dans l’émancipation des femmes chinoises. Elle occupa successivement les postes de Secrétaire du Comité central du mouvement féministe chinois du PCC, Présidente de la Fédération des Femmes de Chine, Vice-présidente du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale.

    Parmi les étudiants qui sont allés en France, citons aussi les Révolutionnaires tels que Li Lisan, Li Weihan, He Changgong, Ouyang Qin, Xu Teli et Xiao San.

    Ils constituent une génération intimement liée au sort du 20ème siècle, une génération qui a fait l'histoire et qui restera dans les livres, une génération qui a consacré sa vie à la mère patrie et au peuple. Leur contribution à la Révolution, à la Construction et à la Réforme de la Chine, ainsi qu'à la fondation, à la consolidation et au développement du Parti Communiste de Chine a été immense. Beaucoup d’entre eux ont donné leur vie et leur jeunesse pour l'établissement de la Chine Nouvelle et le salut de la vertu.

    Zhao Shiyan est mort en martyr à Shanghai à l'âge de seulement 26 ans. Luo Xuezan est mort pour la patrie en 1930 à Hanhgzhou, à peine âgé de 36 ans. En 1946, c'est Wang Ruofei qui décède héroïquement à l'âge de 50 ans. Parmi ceux qui sont allés étudier en France, la liste de ceux qui sont morts sacrifiés pour un idéal, brandissant bien haut la flamme de leur foi, est encore longue. Ils étaient des piliers de l'Etat, des héros du peuple. Leur comportement exemplaire restera à jamais gravé dans les mémoires.

    Une Chine qui est en train de renaître attire de plus en plus l'attention du monde entier. A l'époque les étudiants chinois apprenaient le français jusqu'à n'en pas dormir ni manger. Aujourd'hui les étudiants français étudient assidûment la langue chinoise. Il y a 12 ans, Wang Peiwen a lancé des cours de chinois au sein du Lycée-en-Forêt de Montargis. Cet établissement scolaire qui a remplacé le Collège Public de Garçons de Montargis, a été le premier du département du Loiretà proposer des cours de mandarin.

[Synchronisation] Patricia CONDRACQ (Proviseur au Lycée en Forêt)

    Alors les élèves français apprennent le chinois à partir de la Seconde et la motivation c’est effectivement l’histoire et puis un intérêt particulier quand même pour la Chine.

[Synchronisation] Paul LAVILLE (Sous-Prefet de Montargis)

    Voilà ce qui, estde nature je dirais, àfavoriser etàaccroître les liens entre la Chine et la France, c’est que beaucoup de jeunes élèves français approfondissent leur connaissance de la Chine et que cela croisse par l’apprentissage de la langue.

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    Alors que nous marchons sur les pas des prédécesseurs, nous croisons un groupe de jeunes Français. Nous lisons dans leurs yeux une curiosité non dissimulée et un respect sincère. A l'époque, les jeunes Chinois vinrent en France à la recherche des moyens pour sauver leur pays. Aujourd'hui ce sont les jeunes Français qui, désireux de connaître la culture chinoise et d’apprécier le charme de la Chine, brûlent d'aller à ce pays antique, légendaire et mystérieux, soi-disant pauvre et dépassé, dont chaque coin regorge de vigueur et de vitalité. En Orient, la magnifiscence de la Chine et les histoires chinoises rayonnent et focalisent l'attention du monde entier.Quand on a été témoin de la renaissance de la Chine encore très jeune, il est normal de s'étonner devant sa réalité d'aujourd'hui.

[Synchronisation] François BONNEAU (Président de la Région Centre-Val de Loire)

    Et je suis persuadé que chez des jeunes Français, chez des jeunes Chinois, il y a aujourd’hui des aspirations qui, on ne le sait pas encore, mais conditionnent le monde de demain.

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    Malgré la grande distance entre la Chine et la France, cette petite ville garde beaucoup de souvenirs communs des deux pays. En 2005, les descendants des anciens étudiants chinois du mouvement « Travail-Etudes en France » sont venus planter cet arbre de l'amitié sino-française, laissant à Montargis une nouvelle empreinte de la Chine.

    Ce petit bâtiment symbolise « l'idéal et la quête » des jeunes Chinois de cette génération. Ils sont partis, mais ont laissé en France une empreinte indélébile. La province du Hunan a décidé en 2014 l'achat de cette maison au gène rouge et sa transformation en Musée historique de l’amitié franco-chinoise – épopée des étudiants-ouvriers chinois en France. Cette vieille maison qui dormait depuis longtemps se réveille peu à peu pour raconter les histoires d’une jeunesse extraordinaire.

[Synchronisation] Paul LAVILLE (Sous-Prefet de Montargis)

    On peut établir une passerelle entre Montargis et plus généralement la France (et la Chine) à travers cet événement remarquable, je crois que cela va contribuer aux liens entre les deux pays.

[Synchronisation] François BONNEAU (Président de la Région Centre-Val de Loire)

    Des traces ici sont des traces profondes un siècle après, un siècle après c’est considérable. Montargis est un point d’appui, une référence, un symbole de ce que lorsque nous croisons nos réflexions, nous pouvons construire ensemble pour l’avenir.

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    L'Histoire laisse sa marque indélébile, et l'esprit de ces pionniers se transmettra éternellement. La lumière de ces personnages, ô combien splendides et héroïques, ne s'éteindra pas avec le temps. Ces histoires poignantes d'hier seront toujours d'une grande inspiration pour les prochaines générations.

    Ne pas oublier sa foi première et continuer à aller de l'avant. Ce musée commémoratif, c'est une fenêtre de l’âme ouverte de la Chine, de la province du Hunan vers la France et le monde.

    Dans l'arrière-pays de la Chine, cette province qui assure la communication entre le Nord et le Sud, a été une véritable pionnière. Elle a permis à l'ancienne génération de construire les bases sur lesquelles repose la réalité d'aujourd'hui et nous invite à regarder vers demain.